Décider en conscience malgré un certain désordre apparent
Nous l’avons vu dans les précédent blog: le chaos, ce n’est pas le désordre visible. Celui qui saute aux yeux de prime abord. C’est trop souvent l’ordre apparent, celui qu’on décide d’accepter (car il y a toujours un choix), par fatigue ou résignation, sans voir qu’il repose sur des sables mouvants –individuels, structurels ou sociétaux ; financiers, écologiques éthiques, … humains
Aujourd’hui, j’ai voulu être plus léger dans la présentation. Et comme nous aimons tous les contes, j’aimerai vous présenter :
📘 L’allégorie du voile de l’équité
👉 En 1971 dans son livre “Théorie de la justice”, le philosophe américain John Rawls imagine le point de départ d’une société juste, un monde où chacun définirait les règles sans savoir à quelle place il naîtra –riche ou pauvre, femme ou homme, valide ou non, nanti ou exclu. Un reset global. Une table rase morale. Équitable à défaut d’être égalitaire hormis que le résultat initial est aléatoire. Un monde nouveau utopique.
Car, très vite, dans son modèle, l’auteur nous montre un monde qui se complexifie; où les intérêts privés prennent le dessus; et l’idéal s’efface. Un nouveau cycle recommence… Pas nécessairement plus juste que le précédent. Le monde, de juste en apparence, glisse insensiblement vers une forme de dystopie.
👉 En 1997, Jared Diamond, dans “De l’inégalité parmi les sociétés”, prolonge cette intuition.
Même les communautés les plus égalitaires, dès qu’elles se développent, reproduisent des hiérarchies.
Son hypothèse est claire : la justice initiale ne tient pas sans vigilance active. Sinon, le chaos revient –sous forme d’ordres injustes, et modèle une entropie sociale : une dérive vers l’inégalité structurelle, comme une gravité morale oubliée.
👉 Et en 2025 que peut faire un dirigeant lucide dans le monde tel qu’il se présente à nous dans sa réalité crue ? Peut-il décider en conscience, sans être complice involontaire du système ? Doit-on céder au pessimisme, développer une nostalgie du type “tout était mieux avant” ?
Et cela amène une autre question, plus proche, plus intime :
👉 Quelles clés pouvons-nous utiliser pour déterminer la valeur — au sens fort, au sens plénier — d’une décision ?
Pas seulement son efficacité immédiate. Pas seulement sa rentabilité. Mais sa valeur globale, dans toutes ses dimensions : éthique, écologique, humaine, sociale, existentielle.
Autrement dit : Comment décider sans sacrifier le sens à l’efficacité ? Sans céder à la tentation du moindre mal ou du plus rapide gain ?
🔍 Demain, je vous proposerai un outil concret, applicable à tous les choix — même les plus banals.
Exemple à l’appui : véhicule thermique, hybride ou électrique ? Un choix qui paraît technique… mais qui engage en réalité bien plus.