Chaos : fin de système… ou seuil de renouveau ?
Et si, en interprétant le mot “chaos” au premier degré, nous rendions la théorie qui s’en inspire… incompréhensible ?
C’est étrange : deux des termes les plus fondamentaux pour penser l’origine du monde — chaos et tohu-bohu — ont fini par désigner, dans le langage courant, un désordre négatif, menaçant, à fuir. Alors qu’à l’origine, ils renvoient tous deux à un vide créateur, un état liminal, d’où peut surgir une nouvelle organisation.
Un peu d’étymologie contre-intuitive
Le mot chaos vient du grec ancien khaos (χάος), qui ne signifiait pas “désordre”,
mais : ouverture béante, abîme originel, vide indifférencié.
👉 Dans la cosmogonie grecque, le chaos précède toute forme.
Il est ce qui vient avant la structure, avant le monde tel que nous le connaissons. Il n’est donc pas un capharnaüm à éviter. C’est un seuil à traverser. Un état de potentialité pure, où tout peut encore advenir.
👉 Même définition dans la Genèse : “La terre était informe et vide — tohu-bohu (תֹהוּ בֹהוּ) ; et les ténèbres couvraient la surface de l’abîme.” Ici encore, il ne s’agit pas d’un chaos “désordonné”, mais d’un monde non encore structuré, un univers en attente de différenciation.
🗝️ Diriger dans le chaos, ce n’est pas le fuir, mais lui faire place. C’est apprendre à lire ce qui cherche à émerger.
· Une entreprise fragmentée par l’individualisme produit de la compétition stérile.
· Une organisation qui accompagne l’individuation produit de l’émergence et du sens partagé.
Ce message n’est pas toujours facile à faire entendre, surtout auprès de certains organismes de conseils qui cherchent à rendre leurs clients captifs, à coup des solutions plaquées, et une rentabilité à sens unique.
Pour ma part, ce modèle ne m’attire plus. Et, plus encore, il ne peut plus fonctionner.
Les dirigeants ont changé : ils sont mieux formés, mieux informés. Les marchés ont changé. La société elle-même -et les femmes et les hommes qui la composent- ont changé.
Dès lors, tenter de reproduire les anciens schémas, hélas encore enseignés dans bien des hautes écoles de gestion ou universités, génère un chaos improductif : un chaos qui s’éloigne des besoins fondamentaux du dirigeant, de son entreprise, et -plus largement- de la communauté qu’il impacte. Un chaos qui ne construit rien, parce qu’il ne cherche ni à comprendre, ni à faire émerger. Juste à livrer. Au prix fort !
À l’instar du titre d’un des ouvrages à portée sociétale de Noam Chomsky, Le profit avant l’homme, j’ai décidé, dorénavant, d’inverser la formule :
👉 Placer l’homme avant le profit, au bénéfice commun.
Alors, comment vous sentez vous face à ce chaos ?
Les offres actuelles répondent-elles à vos attentes, à vos besoins profonds ?
Sinon réagissez ! Faites-le savoir… Ici, en commentaire, en message privé, ou ailleurs.
Parce que si rien ne bouge, le chaos perturbateur continuera. Alors que si vous parvenez à le déchiffrer, il deviendra source de transformation.